
Je quitte donc fin avril cette Auvergne si attachante via ce corail-téoz pour Paris Gare de Lyon, ici, Paris Gare de Lyon… je retiens surtout que les colzas sont d’une jaune éclatant, témoin d’un printemps que je ne reverrai encore pas cette année, mais rien de très grave en soi. La session en avion me confirme le fait que cette année mes amis, vous n’en manquerez pas (de colza)… j’en oublierai presque le dernier verre de rouge avant de passer la frontière. Mon premier survol des Alpes fut magnifique. Ils vous ont même laissé un peu de neige pour les dernières sorties (de printemps). Avec ça, je suis vite passé au côté désertique de la chose (encore une première pour moi), tout aussi prenant à observer derrière ce hublot encadré de quelques étoiles de givre. La nuit tombe et me voici sur Chennai (ex-Madras). Une étendue lumineuse comme introduction au pays, ça ne parle pas beaucoup comme premier contact.
Atterrissage, un classique et poli au revoir à l’hôtesse avant de voir à quoi ça ressemble : pas de clim’ mais une chaleur saisissante sans même avoir besoin de quitter le hall d’aéroport pour un accueil des plus raffinés. Welcome inna India… Je suis un peu surpris du nombre de personne souhaitant me prendre en charge dès mes premiers pas à « l’air libre ». Un taxi réservé par l’Ifp m’attend sur place : grande classe. Chanceux le gars sur cette action, pas besoin de batailler sur le prix d’un aller simple direction Saint Louis Street, Pondicherry.
Un petite sieste d’une demie heure pour le chauffeur, un premier thé au lait pour moi, et nous voici trois heures plus tard arrivés à destination accompagnés de chansons locales (pour ranger le dossier musical : la thématique tourne à 99% autour d’histoires d’amour, so charming comme il le dirait si bien). Des gens dorment dans la rue à même la chaussée, la tête à quelques dizaines de centimètres du passage du toy’ flambant neuf dans lequel je me trouve, des femmes balaient la rue, courbées en deux. Juste une première image, comme ça.
Mon introduction au sein de l’Institut Français s’est plutôt bien passée : une guest house tout confort avec petite vue sur la mer (golf du Bengale), des pauses thé dans un cadre colonial très agréable, avec jardin verdoyant, cocotiers bienportants, et bassin de nénuphars de préréférence. Ma première semaine se passait dans les parages entre Pondichéry, la fameuse Auroville, initiée à la vie locale par Agathe, essentiellement…
Dès le premier week-end, je recevais également la visite de Douchan, ex 60 rue Pargaminières’man. La mise en route dans le pays se passait donc amicalement, ponctuée de premiers repas indiens, français (nous sommes à Pondichéry, never forget), de bénédiction d’éléphant… le tout pendant un premier tour d’élection présidentielle. A noter que les bureaux de vote ont pris du service ici aussi pour le devoir des franco pondichériens qui ont fait le déplacement au consulat histoire de s’entendre dire « A voté »…
A peu de chose près, ma première impression est que chaque scène est une image immanquable et chaque image est une photo… que ce soit lors d’une promenade sur le front de mer proche de la statut de Gandhi ou même dans une rue des plus anodines du coin. Le monde est partout, tout le temps, et il paraît que c’est rien : que les vacances viennent de commencer, que la population locale fuit la chaleur omniprésente, si prenante, pour prendre la direction des ghats occidentaux, où la température est plus clémente pour cette période d’avril mai.
L’influence française reste bien marquée ici via l’Institut Français, le Lycée Français, l’Alliance Française, l’Ecole Française d’Extrême Orient, et bien entendu le Consulat. Ajoutez à ceci les ONG du coin et l’on se trouve logiquement avec quelques jeunes européens que l’on croise en deux roues, que l’on repère entre deux rickshaws ou bus sur bondés.
Le quotidien s’organise entre mon activité diurne au sein du Laboratoire de Géomatique, des sessions de découvertes du soir, du badminton pour ce qui est du mardi/jeudi (un classique déjà…), des sessions marché au Goubert Market qui malgré nuit tombée conservent autant d’odeurs, de saveurs, de couleurs. Cette scène à consommer sans modération est un roman à lui seul tellement l’on se sent ailleurs… ici, pas d’heure, pas d’espace, mes des moments et des micro lieux de vie à profusion, en veux-tu en veux-tu… s’en est même presque indescriptible. J’avoue, je suis assez fan’. Pas loin, sur Mission Street, le coffee shop propose des cafés au lait (ou le contraire si vous voulez), faisant l’angle d’un carrefour où même pour le bipède des plus habiles, il est difficile de pouvoir aborder un cheminement logique pour se rendre d’un point A à un point B. Je ne vous explique pas comment se frayer un passage en bicyclette (un atlas à la peinture verte foncée, mais passée de préférence), en moto (une honda hero pour le local, ou une enfield pour l’européen en quête de très haute reconnaissance sociale), ou encore mieux, en voiture (petite Tata de mise, ou taxi Ambassador donnant un petit air Cubain à la chose), en camion, ou paire de buffles (n’oubliez pas les cornes bi ou tri colores pour les plus propriétaires les plus originaux, et parfois les petites clochettes à la douce sonorité). J’allais oublier les ricksahws (option vélo ou auto). En attendant, à l’échelle de ce carrefour, il vaut la peine d’avoir soif d’un petit café pour s’offrir une pause à caractère « observation d’un service précis et efficace » : gazinières plein feu, lait surboulli, café pas bouillu, savant mélange, « Sweet ??? », et pas une goûte à côté sinon, c’est remboursé (euh, là non…). Petite pointe de café sur la mousse qui semble si fraîche, vous voilà servi, et c’est reparti pour une autre série. On prend le haut du gobelet entre le pouce et l’index, on se pousse, on souffle (pour le geste), et l’on savoure… Par contre, entre midi et deux, les gens mangent, donc ne sont pas sensées boire le caf’.
De Bangalore, je retiendrai l’ambiance ville, la vraie… l’effective apparence de deux Indes en une (la traditionnelle, l’occidentale). Un petit déplacement, c’est une heure. Les parcs là-bas font office de véritable reposoir, ou échappatoire à la pollution omni-prégnante, qu’elle soit atmosphérique, visuelle ou auditive. Le city market et son marché aux fleurs reste en revanche un sérieux argument pour un déplacement le temps d’un week-end. Non pas forcément pour y prendre en photo les indiens amusés de la présence d’européens japonisés, mais simplement pour y croiser quelques regards attachants, refaire un étalonnage au niveau des couleurs primaires, et voir des gens dans leurs gestes quotidiens, remplis de vie… On y trouve la fraîcheur aussi, et ça, c’est pas rien de nos jours. A noter que si l'aller s'avère simple en bus de nuit, un retour de dimanche soir via Chennai par un train complet et un bus Chennai/Pondicherry par une bus censé être express se trouve être un nouveau w-e à la fin d'un w-e...
Voilà, très rapidement, j’en passe et j’en repasse… je vous en garde pour une prochaine fois. C’est que les enfants ont repris le chemin de l’école : faut emmener les petits sur la moto pour ne pas qu’ils soient en retard à la classe.
Ah oui, en cas, de coup de moins bien, on trouve du pain et du bleu d'Auroville... la ville utopic semble d'un fonctionnement incernable pour le non averti que je suis, mais le coup le duo pain frometon, on peut pas leur enlever.Bien à vous,
La bise.
Ah oui, il a fait très chaud… désormais, il fait chaud. Je n’ai toujours pas tué de vache (pas le temps), je ne suis toujours pas rentré dans un temple, je n’ai toujours pas trouvé de relief ni de nouvel instrument de musique à jouer. Par contre, je fais de la moto, mieux, je fais de l’Enfield (l’histoire de reconnaissance entre plus ou moins jeunes européens n'oubliez pas), j’ai fais ma première confiture de mangue citron vert menthe (pas peu fier le gars, sachant qu’il faut en profiter, c’est encore la saison), un tout petit peu de vélo (l’histoire de l’atas, souvenez-vous)… pour le reste, vous savez bien comment ça se passe.
4 commentaires:
T'es le plus fort, ne change rien... et profite.
Magnifique!!
On se laisse si facilement emporté par les mots qu'on a l'impression d'y être...
Je suis d'accord avec fred: ne change rien...
biz from Gwada
Profites de ta tranquilité, il te reste deux mois... ensuite on fait!
La bise.
Je bois tes paroles... et j'ai presque l'impression de sentir les odeurs de la rue et de partager un café avec toi! Merci pour ça, c'est juste super.
Profite encore et encore.
Bises
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