jeudi 21 juin 2007

Newsletter n°2... W-e à Kodai-Zakopane...


Fait à Pondicherry, le 14 juin. 2007. Je viens de poser les premiers congés de ma vie de jeune travailleur, du moins, je crois. Mais finalement, ça reste un détail… Nous avons surtout les précieuses dernières places du bus qui en principe devrait nous mener par la route de la fraîcheur jusqu’à Kodaikanal, Kodai pour les intimes (environ 30000 habitants, 2100 mètres d’altitudes, environnée de pentes boisées, de cascades et de pics rocheux).

Vendredi 15 juin, fin de soirée n°1 : nous filons en rickshaw direction « bus stand » pour prendre place dans ce bus « semi sleeper » qui nous fera s’évader un peu de la ville de Pondi, et surtout s’évader du relief digne d’une plaine en plein département 03... En principe, relief, fraîcheur, végétation haute et luxuriante, et cerise sur la gâteau : chocolat, nous attendent là-haut. En principe. Point en retard, nous nous étonnons de l’absence du bus alors que d’habitude (ça y est, je suis un ancien en Inde maintenant), les gens sont déjà en train de préparer leur nuit dans le bus en se mettant à l’aise, regardant ce qu’il se passe un peu autour, croisant quelques regards, comme pour se préparer au voyage. « Chai… ??? Chai !!! » (=nous décidons de boire le thé du soir). Après être retourné aux nouvelles, ça sera option « Break down… », et finalement une grosse heure de retard pour le bus qui vient de Chennai. Fin de soirée n°2 : re-rickshaw, qg Toucan, morito, quelques rires au passage, re-re-rickshaw, et bus… qui pour la peine, nous attendait avec tous ces occupants. « Merci, vous êtes super… ». Deux places au fond du bus, c’est pour nous (j’allais oublié, je suis avec Agnès’, une jeune européenne venue exercer sur du projet à Pondi). Un chien, limite caniche sera de la partie, et il n’aura pour mouvement des dix prochaines heures qu’un simple hochement de tête, pas plus, pas moins.

Le trajet est ponctué de sauts de passagers (surtout ceux du fond), d’un café au lait au petit matin. Nous entamons péniblement la montée non pas de l’Alpe d’Huez, mais celle de Kodai… pour se retrouver à cette altitude non pas irrespirable mais inespérée de 2100 m d’altitudes, après une « pause panne » d’une bonne heure qui nous permettait de contempler les premières montagnes, en guise d’introduction du week-end. L’arrivée sur la station climatique se fait limite attendre, surtout pour les genoux, mais une fois là haut, la sensation de frais est au rendez-vous et pour l’instant, c’est bien l’essentiel.

Kodai : un lac, un habitat plutôt disparate à l’indienne, des touristes (indiens), des vendeurs de pulls/polaires venus du Tibet (les vendeurs), quelques variétés de chocolats, et bien entendu, les boutiques à souvenirs si nécessaires pour la preuve du passage en ce lieu.

Sitôt descendus du bus, Prem nous attend sur ce parking d’hôtel aux airs des années 70. Un ami de Pondi étant passé la semaine précédente et l’ayant rencontré ici, l’avait informé de notre venue. Il ne paie pas de mine, il tremble même et se sentirais gêné de sa proposition (nous venons à la base pour un petit trek), mais nous décidons de lui faire confiance pour nous faire visiter le coin, via une rando de deux jours et demi, destination Palani, à 60 km plus au nord, pour une poignée de roupettes…

Un passage des plus classique à l’office du tourisme nous rassure dans notre première intuition dans le choix de ce « guide » (pas d’affiliation quelconques à une fédération ou autre club alpin…

Le samedi après midi, non sans avoir pris soin de réserver une guest house offrant une vue des plus imprenables sur la vallée (Greenlands Youth hostel), nous partons visiter le coin. Activités locales : on refuse les taxis et les propositions pour les hôtels. Mais on se permet une balade en passant par la tour Eiffel locale (un relais électrique), un tour de marché (à noter le retour du haricot sur les étales, de petites prunes rouges sous filets et des pêches de vigne). Une session tandem express autour du lac me semble obligatoire pour la bonne santé du mollet (paraît qu’on a cassé le score : ça m’étonne pas, ça me démangeait un peu j’avoue) et pour la réalisation d’un petit rêve (je déconne Béney et ceux qui savent). Une session photos made in India (Indian style pour Agnès) : « Wich country ? France. And what’s your good name ? Pascal. Photo ? Okay… » ponctue la fin d’après-midi. Au bout de quelques minutes d’intense activité photogénique, la scène devient un peu longue (pour rester poli)… La nuit tombe, les pensées sont au périple qui nous attend demain 7h, nous rentrons à la guest house non sans avoir pris le dernier chai de la journée et fais la réserve en eau.

Petit feu de rigueur (on s’y prendra à deux bonnes fois, mettant ça sur le compte du journal qui malgré déjà une première utilisation en sac de commission, ne vaut pas La Montagne en terme de « brulabilité » pour allumage de feu) avant quelques sauts d’eau froide à vocation douche. La vue de nuit sur la vallée me fait doucement penser à l’ambiance maison du tailleur… et les lumières des éclairages dessinent tranquillement les contours que l’on veut bien voir apparaître : pour moi, ça sera le papillon guadeloupéen. Bonne nuit.

Dimanche matin : le coq du Nokia vient annoncer le début de journée, le jour est déjà levé. La lumière est claire et limpide… quelques gâteaux, un jus de fruit pour contempler la vue qui s’offre à nous de bon matin et l’heure d’user la semelle est arrivée.

Prem’ est au rendez-vous, s’en étant roulé un petit pour la route avant le départ. Chaussures de ville au pied, pantalon noir, polo et petit sac de voyage. On est loin de la dernière chaussure de montagne, de la matière qui va bien et du 70 litres sur le dos. Mais l’homme est en forme et bien réveillé. Nous rentrons en forêt (shola) pour y voir les premiers eucalyptus élancés comme jamais, les premières falaises aux couleurs sombres et beiges, les premiers et derniers wild buffalo également (gaur). La mère souhaitant avant tout protéger son petit en fait perdre le nord à Prem. On s’égare quelques instants du chemin pour finalement se trouver sur une piste forestière. Au premier village (je m’en excuse par avance, aucun nom noté ni retenu lors de la trace, autant pour moi), un « muséum d’histoire naturel » nous détourne du sujet rando, le temps d’y observer la faune du coin et autres récits et images d’us et coutumes locales. Nous retiendrons de ce passage un autre détail qui pour votre sensibilité ne pourrait être évoqué dans cet article. Suite à cela, des terrasses plantées de haricots aux feuilles légères et quadrillées de rames prêtes à accueillir l’enroulage des prochaines tiges nous ramènent au sujet de la victuaille. Premier bon encas dans un troquet local : biriani de mise accompagné d’un chai. On prend le temps de s’asseoir et de déguster le plat. La famille qui nous propose ce repas semble attaché à ce que l’on se sente ici comme chez nous. Des photos viendront clore la session. L’ambiance est bonne dans le coin : le son surgit d’on ne sait quel bâtiment, mais il est fort et semble satisfaire la communauté. Ah oui, beaucoup d’église dans le coin. Pour nous, le chemin se poursuit, les jambes sont encore à peu près légères. Le paysage est composé de quelques maisons, terrasses cultivées, falaises et pentes boisées. Des fougères vulgaires bordent les chemins, avec quelques fleurs colorées dont bien sur par méconnaissance, je ne pourrai vous citer le nom. Prem, s’il connaît bien les lieux, n’est pas fin botaniste, mais ses récits sont d’un tout autre intérêt qu’il ne faut laisser échapper. L’heure du déjeuner arrive (oui, c’est presque un week-end gastronomique qui s’annonce mais c’est qu’on brûle de la calorie) : un massala dossai pour remplir la panse, un café au lait pour repartir de plus belle… dans une jeep locale. 7 kilomètres pendant lesquelles l’effet de la mousson se fera ressentir. J’observe amusé les gouttes de pluie qui viennent s’écraser sur la chaussée en me disant qu’une bâche sur un 4x4, c’est plutôt pratique (je repense à une certaine scène en Daisy). Nous arrivons au village suivant. L’averse s’achève tranquillement pendant que nous buvons un chai du dimanche début d’aprème… ici, c’est pas la semaine des guignols mais plutôt bollywood. La question ne pose d’ailleurs pas. La famille au moins si ce n’est une partie du quartier se tient devant le poste. On file, c’est qu’il nous reste du chemin, une descente même. Dolmen non irlandais, quelques indiens croisés au passage et sortis de nulle part, rivière pour rafraîchir le mollet chaud (Agnès et Prem y chopperont la sangsue tant attendue). Nous voici arrivés au village dans lequel nous passerons la nuit.

Prem connais les lieux mais encore mieux les habitants du coin. Nous serons logés dans une case, appartenant à Selvam (qui au passage nous accompagnera demain pour finir la trace jusqu’à Palani). Quand l’Européen est présent dans le coin, c’est bon accueil de rigueur. La femme de Selvam prépare le diner, lui s’occupera du service (attentionné comme un serveur à l’auberge des cimes, ou autre bonne auberge du reste, ne pourrait l’être). Je crois que les chapati dégustés sont les meilleurs que j’ai jamais mangé depuis mon arrivée. Avec du poulet version fermier et une sauce du coin, on a de quoi faire la discussion de la soirée avec ce plat. La scène se passe autour d’un bon feu dans une espèce de poulailler où les chiens savent que les os jetés sont pour eux. Le veau a été séparé de sa mère le temps de la nuit. Ici, c’est chacun sa vache chez soi et les cornes seront bien gardées. Un thé, au lit. Prem s’en colle une rapide en buvant ses deux fioles de brandy : il ne tremblera pas demain, c’est sur.

Lundi matin : le coq du Nokia n’a pas besoin de sonner. Ici, une corde vocale du galliforme suffit. A ce sujet là, je crois voir ici les plus beaux poussins qui soient, à ne pas trop s’égarer de la mère poule. Le petit déjeuner est composé de dossai avec les sauces chestnut et une autre dont je ne retiens encore pas le nom mais plutôt le goût épicé. Une vrai catastrophe de manque de curiosité culinaire. Pendant que la toilette se fait dans la rue, les enfants partent à pied à l’école : un bout de chemin paraît-il, et les chiens restent dans leur état de léthargie : pas de quoi s’affoler le matin. Nous voici reparti sur la piste de Palani. Les sensations dans les jambes ne sont pas celles du premier jour, et la descente promise pour la suite n’arrangera rien à l’affaire. Pas de quoi se plaindre non plus : pendant ça temps là, beaucoup sont au bureau.





Nous repartons du village non sans un instant « solennel » avec des femmes du village. L’une d’entre elle marquera les esprits des deux jeunes européens que nous sommes. Prem et Selvam ont préparé le repas de midi, la machette est affûtée, c’est parti. Cinq minutes de marches : une énorme chute s’annonce à l’avant. Mieux vaut ne pas avoir trop fait la veille sous peine de saut de l’ange involontairement provoqué. Session photos oblige. Les locaux ont la forme : il faut repartir. Selvam semble connaître sur le bout de ses orteils la moindre pierre du sentier. Une simple paire de sandale fait office de protège voûte plantaire, et la bata connaît le chemin elle aussi. Le point de vue dominant la vallée nous donne le reste du menu pour la suite et fin de la rando : ça sera descente en single track avec son lit de rivière et son assortiment de végétation plutôt sèche. Durant cette partie, nous observerons des éléphants au loin (au loin…), quelques sauts de singe dans les arbres. Les oiseaux signaleront leur présence par quelques chants. On notera aussi le passage des Anglais avec la construction d’un pont laissé à l’abandon. Après un petit feu de cuisine, nous prenons un repas au bord de la rivière, sur une couverture : ambiance pique-nique en attendant le passage du tour. A ce moment là, nous découvrons surtout l’invention du filtre à eau « Pur ». Une eau trouble de rivière en devient buvable et consommable sans modération : testé et approuvé.

La fin d’aprème approche et nous camperons au bord de la rivière, en fond de vallée, dominée par des falaises et pentes abruptes boisées (comme d’hab’ vous devez vous dire, et c’est pas faut). Le site est vraiment chouette : gros blocs de pierres, belle rivière… on oubliera bien évidemment les quelques papiers laissés sur le site par les précédents camarades globe trotteurs. Un manguier fera office de parapluie pour les quelques goûtes de la nuit. Quelques feuilles de pseudo robinier composent le lit de cette nuit. So charming. Deux feux sinon rien : l’un pour la session cuisine (un couscous local ce soir, encore un très bon repas), l’autre pour accompagner l’ambiance nocturne. Prem ne dormira pas cette nuit. Ayant vécu de mauvaises aventures la nuit en forêt, il s’occupera de tenir le feu en vie… pour ma part, jen passerai une paisible (de nuit), doucement réveillé par le bruit de fond de la rivière, bien accordé.

Mardi matin :

Sitôt levé, sitôt le thé servi. Prem n’a donc pas dormi : nickel, fidèle à ses paroles de la veille, où il m’aura conté quelques péripéties de ses dernières année.

Un petit déjeuner bien copieux à base de noddles (pardon ? à base ?) et nous voilà parti pour cette dernière matinée randonnée… nous suivons la rivière en marchant sur un muret. Le caractère sauvage de la journée d’hier n’y est déjà plus. Ca sent l’arrivée en plaine à plein nez.

Un temple témoigne au moins de passages de pratiquants. Les cultures de maïs, haricots et pomme de terre font soudainement leur apparition. Des plantations de cocotiers dans lesquelles les femmes travaillent à ramasser des palmes annoncent un proche village : ça n’a pas manqué. Aux alentours, les pitons rocheux sont toujours aussi agréables à observer par les faces aux différentes couleurs qu’ils proposent. Le chemin depuis s’est élargi pour devenir une vrai piste fréquentée par la roue du tracteur (Massey Ferguson et surtout Mahindra dans le pays, avec un rouge aussi caractéristique). La rivière que nous retraversons a perdu de son naturel.



Plusieurs scènes de vie marqueront la traversée du village, entre des femmes qui s’occupent du linge à la rivière, des enfants qui jouent, un homme qui tresse une palme, un autre qui dresse son commerce. Terminus, chai. Finito la rando.



Nous montons dans un piago trois roues bétaillère pour rejoindre Palani, à une dizaine de kilomètres d’ici. Si nous débutons la course à six entre les ridelles, nous la finirons bien à une vingtaine, sans forcer. Champs de canne, briqueterie : les activités diffèrent en quelques instants. Palani nous accueille avec son temple dressé sur un piton. Pas le temps de visiter, ça serait de dommage de manquer le bus qui nous ramène sur Kodai. Prem nous abandonne un instant, on ne sait vraiment pas pourquoi… La gare routière fait office de marché et nous profitons de bonnes mangues simplement pour leurs saveurs. Le bus plein entame une montée entrecoupée de pauses à caractère bénédiction pour remercier du non accident dans ces virages sinueux. 65 km, 3 heures plus tard et un pause chai pour la forme (pour les fins observateurs, vous noterez qu’un cycliste à peu près motivé tiendrait facilement la cadence en étape dite de montagne, un détail), nous posons pied à Kodai. Petit choc thermique… un p’tit vin chaud ? Le vin du grand père aurait un succès monstrueux ici. Comme convenu et pour les derniers moments à partager avec Prem et Selvam, nous nous rendons à la buvette du village. Derniers mots échangés, dernier business « Pur » géré, et l’effet du Brandy sur l’homme de la forêt se fait déjà ressentir. Agnès fini de le tordre en lui proposant de finir sa bière. Et dire qu’il est ici pour apporter des justificatifs à l’administration locale pour des aides à ses enfants… Moi, ça me fait énormément rire. Il repart en titubant : surtout, ne rien changer. Le Prem lui a une tolérance beaucoup plus forte au produit : il ne perd pas un brin de concentration et nous conseille même dans le choix de la chocolaterie qui nous proposera les meilleurs produits. La fromagerie est fermée, merci la communauté d’Auroville. Agnès nous propose un Tibétain (un restaurant) : le repas sera composé de momo : pierogi party. On y croise un américain ravi de rencontrer des Français (opposition à la guerre en Irak oblige). L’au revoir à Prem est presque attristant : l’homme est attachant. Allez, une dernière session boutique souvenirs classos et l’appel de la plaine s’approche. Le temps est celui d’un dimanche fin septembre, gris, avec option petit grain et vent frais. Pas de quoi nous rendre mélancolique : on en redemanderait pour une semaine. L’ancien nous fournit les fioles d’Eucalyptus pour ne pas soigner je pense à peu près tout et n’importe quoi. Nous voici à l’heure du bus… et les pensées s’orientent un peu au lendemain « reprise ». Fini la descente, bonsoir le plat pays. Un dernier plat pour bien dormir… 4h30 « Poundytchéli- Poundytchéli- Poundytchéli »… Agnès sait où l’on est, négocie le rickshaw. Je récupère ma Bullet pour finir ma nuit dans un vrai lit. Le coq du Nokia reprend du service… bonne journée.

mercredi 20 juin 2007

En aparté : Douchan's letter... inna Bangalore

Companeros de la plancha, companeras de la quenta,

loin de vous l'idée qu'il est mort asphixié dans les vapeurs toxiques de cette vivante capitale indienne... j'apprends seulement à trier les monoxydes et autres dioxydes de souffre grâce à une nouvelle configuration ventriculaire de mes organes pulmonaires, et dieu sait qu'il m'en coute: trois mois d'essais plus ou moins fructueux avant de trouver le judicieux équilibre entre apnée, respiration parcimonieuse et hinalation prudente. Malgré tant d'efforts, le vicieux carbone s'immisce dans les pores de la peau et vient stocker, de la manière la plus permicieuse qu'il soit, ses poussières assassines dans les endroits les plus vulnérables du corps, fleurons d'une jeunesse riche et époustouflante de vivacité mais aujourd'hui révolue: les connexions synapsiques du cervelet, les globes oculaires ainsi que les cartilages labyrintiques des pavillons auditifs sont les premiers touchés et pleurent chaque jours leur dégradation irrémédiable.
J'estime à 542 jours l'espérance de vie perdue auprès de mes partenaires indiens qui, eux, font preuve d'une resistance sans limite face aux sollicitations quotidiennes de l'environnement. Bizo-decibels lachés par un bus et qui vous traversent le cerveaux comme un jet de javelot, bêlement des ricksaws poursuivis par leurs nuages tchernobilesque, secousses routières qui martellent l'arrière train comme un marteau piqueur. Vivre à Bangalore relève de l'exploit individuel, ils sont pourtant 6,5 millions dans ce merdier.
jamais l'architecture n'aura connu tel sacrifice de la part d'un de ses humbles serviteurs.
Caaaar s'il faut payer de sa personne pour que se pourfende le chaos et que s'éleve dans la lumière divine l'ultime expression de la conscience humaine, cette carapace de matière qui offrira l'espace idéal à la gestation des plus beaux rêves que l'humanité n'ait jamais osé murmurer, oui, Aarrrrrchitecture, par le saint glaive de la trinité, je t'offre mon dévouement le plus absolu, ce qui reste des lambeaux de ma chair et de mon âme, mais laisse moi juste les week end pour souffler un peu.
ouhpf c'est fatiguant d'écrire des conneries pareilles.
j'espère que ça va bien la France, notre mère patrie que je respecte vraiment beaucoup et d'ailleurs j'adore les gens des RG qui vérifient les mails de leurs concitoyens, c'est bien les gars ce que vous faites, ils en faut plein des gens comme vous, on va tout déchirer Ensemble, ca va etre de la balle notre pays. je finis mon contrat et j'arrive, walaradime je le jure.
Bien le bonjour à tout les autres,
et pas trop de lipides avant de se coucher,
Douchan.

mercredi 13 juin 2007

Newsletter n°1…


Il paraît que l’Inde rendrait complètement dingo ??? C’est pas moi qui le dit… Fous de l’Inde (Régis Airault). Bien que je sois piètre lecteur, je m’amuse à parcourir ce bouquin sans prétention pour essayer de me rendre compte de la chose. Un petit détour au Centre Jaude durant la période « Dingue d’Inde » (histoire de trouver le guide qui va bien, de la cartographie version papier, et donc de tomber sur ce fameux récit traitant d’une possible dérive psychologique lors de notre présence ici) me fais dire quand même que le pays a potentiel à rendre le quotidien très amusant : à voir.

Je quitte donc fin avril cette Auvergne si attachante via ce corail-téoz pour Paris Gare de Lyon, ici, Paris Gare de Lyon… je retiens surtout que les colzas sont d’une jaune éclatant, témoin d’un printemps que je ne reverrai encore pas cette année, mais rien de très grave en soi. La session en avion me confirme le fait que cette année mes amis, vous n’en manquerez pas (de colza)… j’en oublierai presque le dernier verre de rouge avant de passer la frontière. Mon premier survol des Alpes fut magnifique. Ils vous ont même laissé un peu de neige pour les dernières sorties (de printemps). Avec ça, je suis vite passé au côté désertique de la chose (encore une première pour moi), tout aussi prenant à observer derrière ce hublot encadré de quelques étoiles de givre. La nuit tombe et me voici sur Chennai (ex-Madras). Une étendue lumineuse comme introduction au pays, ça ne parle pas beaucoup comme premier contact.

Atterrissage, un classique et poli au revoir à l’hôtesse avant de voir à quoi ça ressemble : pas de clim’ mais une chaleur saisissante sans même avoir besoin de quitter le hall d’aéroport pour un accueil des plus raffinés. Welcome inna India… Je suis un peu surpris du nombre de personne souhaitant me prendre en charge dès mes premiers pas à « l’air libre ». Un taxi réservé par l’Ifp m’attend sur place : grande classe. Chanceux le gars sur cette action, pas besoin de batailler sur le prix d’un aller simple direction Saint Louis Street, Pondicherry.

Un petite sieste d’une demie heure pour le chauffeur, un premier thé au lait pour moi, et nous voici trois heures plus tard arrivés à destination accompagnés de chansons locales (pour ranger le dossier musical : la thématique tourne à 99% autour d’histoires d’amour, so charming comme il le dirait si bien). Des gens dorment dans la rue à même la chaussée, la tête à quelques dizaines de centimètres du passage du toy’ flambant neuf dans lequel je me trouve, des femmes balaient la rue, courbées en deux. Juste une première image, comme ça.

Mon introduction au sein de l’Institut Français s’est plutôt bien passée : une guest house tout confort avec petite vue sur la mer (golf du Bengale), des pauses thé dans un cadre colonial très agréable, avec jardin verdoyant, cocotiers bienportants, et bassin de nénuphars de préréférence. Ma première semaine se passait dans les parages entre Pondichéry, la fameuse Auroville, initiée à la vie locale par Agathe, essentiellement…

Dès le premier week-end, je recevais également la visite de Douchan, ex 60 rue Pargaminières’man. La mise en route dans le pays se passait donc amicalement, ponctuée de premiers repas indiens, français (nous sommes à Pondichéry, never forget), de bénédiction d’éléphant… le tout pendant un premier tour d’élection présidentielle. A noter que les bureaux de vote ont pris du service ici aussi pour le devoir des franco pondichériens qui ont fait le déplacement au consulat histoire de s’entendre dire « A voté »…

A peu de chose près, ma première impression est que chaque scène est une image immanquable et chaque image est une photo… que ce soit lors d’une promenade sur le front de mer proche de la statut de Gandhi ou même dans une rue des plus anodines du coin. Le monde est partout, tout le temps, et il paraît que c’est rien : que les vacances viennent de commencer, que la population locale fuit la chaleur omniprésente, si prenante, pour prendre la direction des ghats occidentaux, où la température est plus clémente pour cette période d’avril mai.

L’influence française reste bien marquée ici via l’Institut Français, le Lycée Français, l’Alliance Française, l’Ecole Française d’Extrême Orient, et bien entendu le Consulat. Ajoutez à ceci les ONG du coin et l’on se trouve logiquement avec quelques jeunes européens que l’on croise en deux roues, que l’on repère entre deux rickshaws ou bus sur bondés.

Le quotidien s’organise entre mon activité diurne au sein du Laboratoire de Géomatique, des sessions de découvertes du soir, du badminton pour ce qui est du mardi/jeudi (un classique déjà…), des sessions marché au Goubert Market qui malgré nuit tombée conservent autant d’odeurs, de saveurs, de couleurs. Cette scène à consommer sans modération est un roman à lui seul tellement l’on se sent ailleurs… ici, pas d’heure, pas d’espace, mes des moments et des micro lieux de vie à profusion, en veux-tu en veux-tu… s’en est même presque indescriptible. J’avoue, je suis assez fan’. Pas loin, sur Mission Street, le coffee shop propose des cafés au lait (ou le contraire si vous voulez), faisant l’angle d’un carrefour où même pour le bipède des plus habiles, il est difficile de pouvoir aborder un cheminement logique pour se rendre d’un point A à un point B. Je ne vous explique pas comment se frayer un passage en bicyclette (un atlas à la peinture verte foncée, mais passée de préférence), en moto (une honda hero pour le local, ou une enfield pour l’européen en quête de très haute reconnaissance sociale), ou encore mieux, en voiture (petite Tata de mise, ou taxi Ambassador donnant un petit air Cubain à la chose), en camion, ou paire de buffles (n’oubliez pas les cornes bi ou tri colores pour les plus propriétaires les plus originaux, et parfois les petites clochettes à la douce sonorité). J’allais oublier les ricksahws (option vélo ou auto). En attendant, à l’échelle de ce carrefour, il vaut la peine d’avoir soif d’un petit café pour s’offrir une pause à caractère « observation d’un service précis et efficace » : gazinières plein feu, lait surboulli, café pas bouillu, savant mélange, « Sweet ??? », et pas une goûte à côté sinon, c’est remboursé (euh, là non…). Petite pointe de café sur la mousse qui semble si fraîche, vous voilà servi, et c’est reparti pour une autre série. On prend le haut du gobelet entre le pouce et l’index, on se pousse, on souffle (pour le geste), et l’on savoure… Par contre, entre midi et deux, les gens mangent, donc ne sont pas sensées boire le caf’.

De Bangalore, je retiendrai l’ambiance ville, la vraie… l’effective apparence de deux Indes en une (la traditionnelle, l’occidentale). Un petit déplacement, c’est une heure. Les parcs là-bas font office de véritable reposoir, ou échappatoire à la pollution omni-prégnante, qu’elle soit atmosphérique, visuelle ou auditive. Le city market et son marché aux fleurs reste en revanche un sérieux argument pour un déplacement le temps d’un week-end. Non pas forcément pour y prendre en photo les indiens amusés de la présence d’européens japonisés, mais simplement pour y croiser quelques regards attachants, refaire un étalonnage au niveau des couleurs primaires, et voir des gens dans leurs gestes quotidiens, remplis de vie… On y trouve la fraîcheur aussi, et ça, c’est pas rien de nos jours. A noter que si l'aller s'avère simple en bus de nuit, un retour de dimanche soir via Chennai par un train complet et un bus Chennai/Pondicherry par une bus censé être express se trouve être un nouveau w-e à la fin d'un w-e...

Voilà, très rapidement, j’en passe et j’en repasse… je vous en garde pour une prochaine fois. C’est que les enfants ont repris le chemin de l’école : faut emmener les petits sur la moto pour ne pas qu’ils soient en retard à la classe.

Ah oui, en cas, de coup de moins bien, on trouve du pain et du bleu d'Auroville... la ville utopic semble d'un fonctionnement incernable pour le non averti que je suis, mais le coup le duo pain frometon, on peut pas leur enlever.

Bien à vous,

La bise.

Ah oui, il a fait très chaud… désormais, il fait chaud. Je n’ai toujours pas tué de vache (pas le temps), je ne suis toujours pas rentré dans un temple, je n’ai toujours pas trouvé de relief ni de nouvel instrument de musique à jouer. Par contre, je fais de la moto, mieux, je fais de l’Enfield (l’histoire de reconnaissance entre plus ou moins jeunes européens n'oubliez pas), j’ai fais ma première confiture de mangue citron vert menthe (pas peu fier le gars, sachant qu’il faut en profiter, c’est encore la saison), un tout petit peu de vélo (l’histoire de l’atas, souvenez-vous)… pour le reste, vous savez bien comment ça se passe.

Vanakkam...


Vanakkam… c’est donc avec ce blog made in India que je viens vous donner quelques nouvelles plus ou moins fraîches. Un mois et demi que me voilà sur Pondicherry et enfin je prends un moment pour vous laisser ces quelques mots…

Voilà, pour ceux qui n’auraient pas tout suivi, après le stage « Cirad, Gwada & Cie » pour le compte de ma formation sigmaienne, j’ai retrouvé les miens et mon cher pays auvergnat pour ce bel automne indien. L’occasion pour moi de pouvoir m’immiscer dans la vie active après ma presque douce et renversante vie estudiantine. Le temps que je m’essaie à l’empilage de quelques packs de bouteilles d’eau gazeuse minérale locale, à la confection de quelques fromages du côté de Saint-Nectaire (aucune importance pour la suite de l’histoire), je trouvais un premier job en géomatique au sein de la DDAF 77. Chers parisiens, chers banlieusards, ce fut un vrai plaisir pour cette fin d’année 2006 que de pouvoir goûter aux joies du RER, ligne D de préférence et dans une moindre mesure à celles du métro from Ourck to Gare de Lyon… m’enfin, la montée à la capitale n’était pas des plus désagréables, entrecoupées de sessions musicales avec le groupe (merci la sncf pour le prêt des Téoz, TGV, TER, etc.), de bonnes retrouvailles (de jolies aux revoirs), rue Moufetard, avenue Kléber, rue de la Roquette… Merci à mon frère pour l’acceuil.

Après un petit détour et tour en Pologne à vocation « familia », début 2007 se passait du côté de la Lozère, charmant département malgré la période un peu fraîche on en conviendra… mais j’avais raison d’en profiter, fallait surtout pas se priver. Deux mois des plus rapides pour le compte de la société Coriolis : le temps de dire bonjour, de travailler sur la cartographie du « lot_amont », de dire au revoir,… et me voilà en train de passer un entretien in Paris City ayant pour objectif un contrat de Volontariat International. Ne me demandez pas pourquoi ni comment, juste peut-être à un surnommé bli, allierné grenoblois En ces beaux jours d’avril, et non sans avoir pris le temps de faire mon petit tour de France, je file du côté de Pondichéry pour rejoindre le laboratoire de géomatique de l’Institut Français (de Pondichéry).

Voilà, en guise d’intro de ce petit blog… dont je n’imagine pas un brin la tournure qu’il pourra prendre. Alors merci à tous les patients qui prendront quelques instants pour parcourir ces quelques lignes… amis vicomtois, anciens meymacois, iupiens-grenoblois, sigmaiens-tooloozins’ (merci Sigma), guadeloupéens, aux Skalawag, à la familia, et à tous ceux que je ne pourrais oublier, une fois de plus…